Le grand rendez-vous de la cancérologie vient de se tenir à Chicago : 45 000 cancérologues venus du monde entier pour communiquer, partager, discuter les derniers résultats en matière de recherche et d’avancées thérapeutiques dans tous les cancers.

Comme chaque année on ne peut qu’être impressionné par le travail accompli, fasciné par les progrès réalisés, envoûté par les espoirs que la recherche suscite même si la victoire n’est pas encore ni pour aujourd’hui, ni dans un avenir très proche. Mais dans les années qui viennent nous allons maîtriser de mieux en mieux le cancer, C’est une certitude tant les progrès continuent, voire même s’intensifient, grâce à la recherche.

Parmi les milliers de résultats communiqués, il y a eu quelques vedettes souvent relayées par la presse internationale :

Alors c’est vrai on ne discute que de quelques mois de survie en plus mais ces résultats sont remarquables (standing ovation pour les 14 000 cancérologues présents à la cession plénière du congrès) car cette thérapie ciblée, inhibant la mutation KRAS, est le premier progrès obtenu depuis longtemps permettant d’améliorer la survie de ces patients traités jusqu’à aujourd’hui que par chimiothérapie, avec des résultats notoirement en général insuffisants.

D’autre par la mutation KRAS est largement répandue dans d’autres cancers que le pancréas et par exemple des expérimentations prometteuses sont initiées dans les cancers du poumon.

Cet ASCO a permis de confirmer le rôle croissant de la Chine, très active en matière de recherche avec de nombreuses communications chinoises notamment dans les ADC (combinant un anticorps et une molécule de chimiothérapie) ou les anticorps bi spécifiques, ce qui est bien sûr une très bonne nouvelle car la chine sera un acteur majeur (puissance financière du pays et importance de la population).

Mais les résultats acquis ne seront pas forcément complètement applicables à des patients européens, américains ou africains qui peuvent s’avérer différents sur le plan génétique ou au niveau du métabolisme avec des différences d’efficacité ou de tolérance. Par ailleurs la diffusion au monde entier des nouveaux médicaments chinois ne manquera pas de susciter des négociations financières peut- être difficiles, notamment pour le système de santé français.

Ce système français qui est remarquable par sa générosité (ces médicaments onéreux sont disponibles gratuitement pour tous) est souvent critiqué du fait des importantes obligations administratives ralentissant l’accès pour tous (Autorisation de Mise sur le Marché : AMM) aux nouveaux médicaments.

Après chaque découverte on ne peut pas s’empêcher de se poser la question : « quand pourra-t-on en disposer pour nos patients français ? »

On ne peut pas tout avoir…

En termes de principe thérapeutique, cet ASCO s’est à nouveau consacré à la personnalisation des traitements : selon la biologie moléculaire obtenue sur l’étude des biopsies tumorales ou celle de cellules circulantes (obtenues par une simple prise de sang) on a bien compris que les cancers, même provenant d’un même organe peuvent s’avérer très différents d’un patient à l’autre selon les mutations présentes dans les cellules tumorales. Leur présence éventuelle permet de prédire l’efficacité d’un traitement personnalisé (immunothérapie, thérapie ciblée, anticorps combiné à une drogue (ADC) et plus récemment anticorps bispécifiques, hormonothérapie, inhibiteurs de PARP… et la liste n’a pas fini de s’allonger).

Nous restons « obsédés par le besoin de guérir davantage, d’augmenter la durée de survie, mais aussi d’améliorer la qualité de vie (désescalade thérapeutique notamment).

       Plus de patients vivent plus longtemps, et plus de patients sont guéris, mais le cancer, dont l’incidence a doublé en vingt ans, reste la première cause de mortalité chez l’adulte. C’est pourquoi il va nous falloir être intelligents, nous comme nos administratifs, nos décideurs politiques.

Et puis être tenaces dans nos efforts, pour continuer à soutenir la recherche, dont sont issus tous les progrès thérapeutiques d’aujourd’hui et ceux dont nous bénéficierons demain.

       Alors continuons le combat, nous aurons un ASCO 2027 encore plus enthousiasmant !

       Soyez persuadés, chers amis, de toute ma détermination et de mon très fidèle dévouement, je compte beaucoup sur vous et sur votre soutien à l’ARETASC.